Témoignages

"Nous nous trouvions dans la maison que ma cousine nous avait prêtée pour y passer quelques jours de vacances. Etant tous à l'intérieur de la maison, nous nous occupions chacun de notre côté en pensant que Suzy s'amusait dans l'une des chambres. Nous n'avons pas remarqué que la porte donnant sur le sous-sol était ouverte. Soudain, Claudy a demandé si quelqu'un avait vu Suzy et là, allez savoir pourquoi, ce doit être celà que l'on appelle instinct de mère, un sentiment atroce s'est emparé de moi. Ils sont tous partis à sa recherche, tous sauf moi! J'étais tétanisée dans cette cuisine et j'ai tout de suite compris que ma fille n'était plus dans la maison. Je me suis dit qu'il n'y avait que 2 possibilités : la route ou la piscine... J'ai regardé mon frère enjamber le muret, et là je suis restée à attendre le cri, je savais qu'il allait arriver... Quelques secondes plus tard, effectivement, j'ai entendu mon mari hurler. Son petit corps flottait à la surface de l'eau, à plat ventre et cet horrible ballon tournait encore sur lui-même...."
Sandrine F. et Gabriel H.
"Nous voudrions que notre témoignage serve à tous les parents. En Septembre dernier, nous sommes allés chercher notre fille chez une de ses amies. Ses parents nous ont proposé de prendre un café. Pendant ce temps, les enfants jouaient dehors, dont notre petit garçon, Vincent, 21 mois, qui nous accompagnait. Il y avait une piscine enterrée dans le jardin, recouverte d’une bâche. Au bout de dix minutes, n’apercevant plus Vincent, nous l’avons cherché partout, avant de le retrouver inanimé dans la piscine, sous la bâche. Il est décédé sans avoir repris connaissance, après une semaine en réanimation. En Midi-Pyrénées, il y a eu huit cas similaires l’été dernier."
Christiane D.
"Mon second fils, Mathieu, alors âgé d’à peine 3 ans, s’est noyé dans ma piscine, pourtant entourée d’une barrière qui fermait à clé et restée ouverte ce jour-là. Si ma douloureuse expérience pouvait un tant soit peu apporter quelque chose de positif à votre association ou à des parents connaissant ce même drame, ou bien pouvait servir à en éviter de nouveaux, j’aurais l’impression que mon petit ange blond nous sourit toujours de là où il se trouve. Je suis dans le jardin et je hurle. Je hurle de toutes mes forces, ce sont mon corps et mon esprit qui refusent ensemble la vérité insoutenable qui, peu à peu, implacablement s’établit..."
Valérie C.
"Notre petit Valentin, 2 ans et demi, s'est noyé dans la piscine privée de la maison. Nous étions conscients des risques : pas question de répondre au téléphone, nous enlevions tous les jouets qui flottaient, etc... Nous lui mettions des brassards à longueur de journée, qu'il prenait un malin plaisir à enlever ! Quand il faisait la sieste, nous fermions à clé toutes les portes qui donnaient accès à la piscine, au cas où il se serait levé tout seul et que nous ne l'entendions pas. On pensait être à l'abri d'un tel drame. On suppose que Valentin, voyant que nous parlions, en a profité pour aller à la piscine. Nous l'avons tous cherché, mon mari a été tout de suite à la piscine mais ne l'a pas vu autour. Au bout de 2 ou 3 minutes j'ai eu un mauvais pressentiment et je suis retournée à la piscine... Il était là, tout au fond. J'ai crié, puis plongé. Ma mère a aussitôt prévenu les pompiers qui sont arrivés avec un hélicoptère. Les pompiers, à leur arrivée, ont bien sûr tout tenté, en vain. Le médecin nous a dit qu'à cet âge-là, il suffisait d'une minute pour se noyer et que, même s'ils l'avaient réanimé, Valentin aurait eu de graves séquelles. Et l'horreur commence. L'absence, les démarches aux pompes funèbres, le retour sur Paris sans lui et ce sentiment d'abandon qui s'ajoute à la culpabilité, l'enterrement, et puis le vide immense. L'envie de tout arrêter là, tellement la douleur est insupportable. Chaque Noël, anniversaire, rentrée scolaire et Saint-Valentin, la cicatrice s'ouvre."
Christine R.